Les 10 commandements pour jouer à Place de la Loi
Comment les adultes peuvent-ils apprendre la loi aux jeunes si eux-mêmes l'ignore?"
Jean -Pierre Rosenczveig
Commandement n°1
Idéalement, vous devez composer des équipes comprenant des adultes et des jeunes. Vous pouvez ainsi être 6, 8 ou plus. Un ou deux joueurs tiendront le rôle du ou des JUGES. Ils disposeront du Grand Livre des Lois
Commandement n°2
Le jeu consiste bien sûr à trouver la bonne réponse à la question tirée. Nous ne doutons pas que vous connaîtrez beaucoup de ces réponses. Nous vous demandons de les justifier. Oui ? Non, pourquoi ? Et bien évidemment, si vous ne connaissez pas la réponse, il ne faut pas hésiter à raisonner à voix haute, à échanger les arguments avant d'arrêter la réponse.
Le JUGE, grâce à son grand livre, vous donnera des arguments pour justifier les différentes réponses possibles.
Vous verrez qu'il n'est pas rare que sur les questions les plus banales deux réponses diamétralement opposées émergent en réflexe avec certitude avant que le doute ne germe et que le débat s'engage.
C'est que la loi est connue approximativement et que parfois elle-même n'est pas toujours claire. Parfois, elle offre une large marge d'appréciation pour se permettre de garantir les situations les plus diverses qui peuvent se présenter. C'est ainsi que certains textes de notre droit ont pu traverser les décennies.
Attention: pour certaines questions, plusieurs réponses sont possibles. Parfois toutes les réponses sont valables ou toutes sont fausses. Le JUGE (éclairé par vos adversaires) appréciera si vous avez bien répondu avant de vous donner ou de vous refuser le point.
Commandement n°3
Nous recommandons aux purs juristes de nous épargner leurs foudres.
Il est évident que ce jeu se veut un instrument de vulgarisation, il aide à raisonner, il apporte certaines réponses, il veut donner envie d'en savoir plus.
Il n'est pas un cours de doctorat en droit !
Il n'est pas toujours facile d'expliquer simplement des notions parfois complexes. La simplification est la loi du genre.
Merci de l'entendre en observant que nous avons veillé à respecter l'esprit des lois!
Commandement n°4
Ce parcours vous donnera l'occasion de découvrir que les enfants comme les adultes ont des droits mais aussi des devoirs même si tous les droits ne sont pas gagés comme on le dit communément par des devoirs (le droit de manger et de boire, le droit d'être respecté dans son intimité physique, le droit de s'exprimer devant son juge par exemple ne sont pas gagés par des devoirs, mais sont des droits fondamentaux).
Reste qu'au surcroît de libertés et de droits, que la période moderne reconnaît aux uns et aux autres, doit correspondre un surcroît de responsabilités. Même sans aller jusqu'à parler en terme de responsabilités civile et pénale, on doit en conscience s'interdire certains comportements.
Tout simplement, il est des règles simples dans la vie qu'on se doit d'observer : “ Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasses ” ou encore “ Si tu veux être respecté de l'autre, commence par le respecter ! ”, etc...
Le but de ce JEU est bien évidemment d'inciter au dialogue par la parole y compris par l'écrit, la pétition, la manifestation plus que par la violence, les coups et les injures comme on le voit trop souvent.
De même comment utiliser le droit pour s'inscrire dans des projets collectifs qui eux-mêmes s'inscrivent dans le temps et non pas dans l'éphémère. La démarche associative doit le permettre.
Commandement n°5
Souvent vous pourrez être sceptiques sur la réalité de tel ou tel droit et vous aurez raison.
La reconnaissance d'un droit ou la mise en place d'un dispositif social est le fruit d'un besoin qui a été relayé le plus souvent par une revendication individuelle ou collective.
Mais une fois le droit adopté, c'est encore un autre combat que de le mettre en oeuvre.
Il peut effectivement y avoir un fossé entre un droit affiché et la réalité.
La citoyenneté, cela consiste non pas à parler de ses droits mais des droits de l'autre et de réunir les conditions pour que les droits de tous puissent s'incarner réellement.
Commandement n°6
Aux joueurs, jeunes et moins jeunes, nous souhaitons de s'amuser et de ne pas hésiter à alimenter les échanges de situations concrètes auxquelles les uns et les autres ont pu être confrontés.
Certains pourront parfois être rebutés par tel problème ou par les explications données. Nous n'avons pas voulu céder à la facilité. Les uns - les adultes - sont déjà des citoyens - les autres - les plus jeunes - le seront rapidement. Il nous semble que tout peut s'expliquer.
Malgré nos efforts, nous avons pu commettre des erreurs ; être langue de bois ou jargonné. N'hésitez pas à nous le dire par un courrier à l'APCEJ afin que nous améliorions ce qui n'est somme toute qu'un document de travail.
Nous nous sommes évertués à prendre pour illustration des questions-clés tirées des thèmes et des sujets de la vie de tous les jours. Beaucoup manquent ? Nous faisons appel à vous là encore pour nous adresser vos questions. Nous les transformerons en fiches pour les versions à venir du jeu PLACE DE LA LOI.
Commandement n°7
Les réponses apportées sont valables au 20 novembre 1999, date symbolique puisque Journée des droits de l'enfant fixée à cette date en référence à l'adoption, le 20 novembre 1959, de la Déclaration des droits de l'enfant, et au 20 novembre 1989, l'adoption de la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant.
En rédigeant ce document nous avons y compris au moment de l'adresser à l'imprimeur été confrontés à de nouveaux textes, à un revirement de jurisprudence, etc.
Dans les temps qui viennent, la loi peut encore changer et changera à coup sûr sur des points que nous tenons pour essentiels comme dans le domaine de la famille. Et d'ailleurs, nous militons parfois en ce sens ! En effet, il faut poursuivre l'effort d'adaptation du droit aux moeurs.
Commandement n°8
Nous mettons en place des animations dans les établissements scolaires ou éducatifs au profit des enseignants et travailleurs sociaux qui souhaiteraient aborder ces questionnements sur la loi et les institutions de la République sous une forme à la fois ludique et sérieuse.
Pour cela, il suffira de joindre l'APCEJ. Nous rechercherons avec vous, avec votre institution, avec la collectivité locale la réponse plus appropriée.
Commandement n°9
Si comme nous vous êtes soucieux de rappeler la loi, toute la loi, rien que la loi aux jeunes et aux moins jeunes, bref de voir rendre justice aux uns et aux autres ; si comme nous, vous pensez que la République ne doit pas avoir peur de ses valeurs mais qu'elle ne doit pas hésiter à afficher haut et fort ses valeurs mais encore les assumer en les expliquant et en les justifiant, vous pouvez tout simplement rejoindre l’APCEJ et le réseau qu'elle constitue à travers la France. Avec elle nous disposons d’un moyen modeste mais réel au service d’un engagement citoyen pour répondre aux nombreuses questions que les uns et les autres se posent.
Ce jeu, vous l’aurez compris est uniquement mis au service de cette cause. Son impact dynamisera encore plus les initiatives citoyennes qui éclosent de toutes parts.
Commandement n°10
Yvonne Crochet - Gilles Clogne - Jean-Claude Félix-Chicaya - Elisabeth Fievet - Camille Goasguen doivent être remerciés aussi tous les ministères et fonctionnaires, responsables des cellules d'information et de documentation qui ont bien voulu répondre à nos questions parfois déroutantes.
Que soient aussi remerciées celles des institutions et leurs responsables qui très tôt ont su nous apporter leur encouragement et leur aide directe ou indirecte pour réunir le budget indispensable au lancement de cette opération. et en tout premier lieu M. Jean GUIGUE, président du tribunal de grande instance de Bobigny et le CDAJ de Seine Saint-Denis, - les Conseils généraux de Seine Saint-Denis qui d'entrée de jeu nous apporte son soutien, de l'Essonne, des Bouches du Rhône, des Landes, de la Marne, de la Gironde, - le Conseil régional d'Ile-de-France - l'Institut national de la recherche pédagogique (INRP) et son président Philippe Mérieux - la Ligue de l'Enseignement - l'Orphelinat de la police nationale - l'ANACEJ - la Confédération syndicale du cadre de vie - l'Association nationale des communautés éducatives (ANCE) - les Caisses d'allocations familiale de Seine Saint-Denis et du Sud-Finistère - le Barreau de Bobigny- l'ADSEA de Seine Saint-Denis - l'Association Jean Coxtet- l'Institut Segaux et tous ceux qui à titre personnel ont souscrit avant même de voir le jeu sur la confiance plaçée en l'APCEJ et dans le J.D.J. qui s'est fait amicalement le relais de notre projet.
Tous ceux là constituent la première ligne du réseau dans lequel s'inscrit l'APCEJ. D'autres (notamment des collectivités locales ou encore l'ANPASE) nous ont rejoint depuis pour relayer notre démarche et s'approprier ce jeu.
Je ne saurai terminer sans remercier spécialement l'équipe d'Alizé Productions animée par M. MOUTHUY qui ne s'est pas contenté de produire le jeu mais qui a donné le meilleur pour transformer un concept en un produit esthétique et opérationnel.
Beaucoup nous ont fait confiance. Nous ne doutons pas que d'autres, nous rejoindrons demain pour développer l'action citoyenne dans laquelle nous entendons nous inscrire délibérément avec ce support original qu'est ce jeu. Nous avons le souci d'une diffusion grand public pour que l'on puisse jouer en famille et pas seulement dans les lieux collectifs. Mieux encore, nous aspirons à incrire cette démarche sur un média télévisé comme la “cinquième” avec le souci qu'un maximum puissent y accéder.
Vous allez découvrir que le droit est partout, et qu'il est moins vide ou complexe que vous ne le croyez.
Un peu comme M. Jourdain découvrit un jour qu'il faisait de la prose sans le savoir, vous faites du droit sans le savoir. Mais mieux vaut quand même avoir quelques points de repères solides.
Avant de vous laissez jouer, nous voulons vous dire que la conception et la mise à jour de ce JEU a mobilisé beaucoup d'énergie.
Il a certes été conçu, écrit et coordonné par Jean-Pierre Rosenczveig, magistrat et président de l'Association pour la Promotion de la Citoyenneté des Enfants et des Jeunes, avec la collaboration active de Cécile Boccaccio, avocate au barreau de Paris.
Je voudrais ici remercier celles et ceux qui ont mis la main à la pâte, de jour comme de nuit, pour en imaginer les modalités, faire les recherches juridiques et les vérifications qui s'imposaient, relire, relire et relire encore les fiches et les réponses. Tout simplement, nous voulons dire un grand merci pour leur patience à ceux des collègues et de nos proches qui nous ont vu travailler à jouer, jouer en travaillant, parfois nous prendre la tête ou éclater de rire durant des mois, et ceux qui ont accepté d'être nos cobayes en répondant au débotté à nos tests. Ils nous ont encouragés par leur accueil.
Nous avons bénéficié de l'investissement des jeunes juristes attachés à la présidence du tribunal pour enfants de Bobigny Olivier Demand - Stéphane Dugué - Matthieu Hue - Julien Janod, l'aide des stagiaires qui se sont succédées à l'APCEJ, Marie-Laure Abella - Nathalie Chauvel- Ida Chafaï ainsi que de l'aide de la proche famille militante de l'APCEJ Bernard Bobillot Annie Bouyx
Dans quelques temps on ne dira peut être plus “se jouer de la loi”, mais jouer avec la loi.
Ce sera l'une de nos satisfactions.
Bon voyage dans le parcours chaotique de la ville et de la vie.
Et n'hésitez pas à parler la loi : il en restera toujours quelque chose !
Jean -Pierre Rosenczveig
|